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1ère journée de voyage – Gifu, j’arrive !

25 novembre 2006

Évidemment, à chaque fois que je pars quelque part, rien ne se passe comme prévu. Je ne sais pas, je dois sûrement attirer la poisse. Mais bon, un voyage sans événements imprévus, ce n’est plus drôle.

taka.jpg

Ce mardi matin je me suis levée assez tôt, pour partir à 6h30 et attraper le train de 6h45. Jusque là pas de problème, et il n’y avait heureusement pas grand monde. Même en rejoignant Shibuya pour prendre la ligne de la Yamanote, il n’y avait personne, c’était bien la première fois que je voyais le quartier aussi vide. C’est toujours impressionnant de voir Shibuya désert. J’arrive à Shinjuku vers 7h20, et mon bus étant à 8h, je me suis dit que j’avais le temps de le trouver. Et là ce fut une GRAVE erreur, parce que j’avais oublié de prendre en compte mon sens de l’orientation plus que foireux…

Bref, après avoir tourné en rond en essayant de déchiffrer les plans affiches dans la station, je demande au service d’accueil pour touristes paumes où se trouvent les bus de la Keio, et on m’indique qu’il faut juste prendre l’escalier tout de suite à droite et que c’est ensuite sur la gauche. Effectivement, j’arrive dans un endroit rempli de bus mais ce n’est pas le bon, vu que ce sont les bus de ville. Pourtant j’avais précisé que je cherchais les cars.

7h35 : voyant que l’heure filait assez vite, je finis par demander à un policier qui s’ennuyait à surveiller l’entrée d’un parking souterrain. Là, il me dit ちょっと待って下さい (« attendez un instant ! »), puis il alla chercher sur une sorte de bureau un plan avec tous les arrêts de bus, et en revenant avec il me dit d’aller dans la direction opposée. Bon, il faudrait savoir. Je suis la direction qu’il m’indique, et j’arrive encore dans le mauvais endroit, puisque ce n’est pas la bonne compagnie de bus ; je lui avais pourtant dit que je cherchais la Keio. Je finis par trouver miraculeusement un panneau avec un plan très complet. Le « Bus Terminal » se trouve en fait complètement à l’opposé de l’endroit où je me trouvais, bien caché derrière de grands immeubles, à côté d’un Yodobashi Camera. Je pars donc  à toute allure de l’autre côté de Shinjuku. 7h58… 7h59… et finalement lorsque j’arrive enfin au Bus Terminal, je vois le bus de 8h00 qui passe devant moi : je l’ai raté de très exactement 20 secondes.

La prochaine fois, j’arriverai avec deux heures d’avance. Bref, je me dis que je n’ai qu’a prendre le prochain bus qui est à 9h00. Je vais au guichet de la Keio, et je demande à un employé si je peux prendre le prochain. Là, le type me rigole au nez et me dit que c’est dommage parce que je l’ai raté de peu, mais que je ne peux pas prendre le suivant parce que mon billet n’est pas échangeable. Donc je lui demande si je peux au moins acheter le billet pour le bus suivant, mais il me dit que c’est trop tard. Hum… Voyant qu’il me répète en boucle 乗れない、乗れない (« vous ne pouvez pas monter ») , je me dit que ce n’est pas la peine d’insister, et que le coup des yeux larmoyant ne marcheront pas avec lui : autant parler à un mur. Il ne me restait plus que deux options : ou bien acheter le billet pour le bus qui est après celui de 9h00 (c’est-à-dire celui de… 14h30) et arriver le soir à Takayama, ce qui me ferait perdre une après-midi, ou bien tenter le tout pour le tout et prendre quand même celui de 9h00, malgré ce que m’a dit le type du guichet, et de convaincre cette fois-ci le chauffeur du bus de bien vouloir me laisser monter dedans.

Je choisis plutôt de faire ça, et je m’assoies alors sur les sièges à l’extérieur pour attendre. C’est à ce moment-là qu’un couple de chinois plutôt âgés s’approche de moi et commence à me taper la discussion en anglais. Ils me demandent d’où je viens. Comme leur prononciation anglaise est pire que la mienne, on se comprend donc à moitié. Lorsqu’ils me demandent mon nom, ils n’arrivent pas à comprendre « Marie », ce qui n’est pourtant pas bien compliqué, et finissent par m’appeler Margaret. Ils me demandent si je veux prendre le petit-déjeuner avec eux dans le café à côté, car ils prennent le bus pour Osaka à 9h15. Plutôt stressée (je n’ai pas envie de rater une deuxième fois le bus) et donc incapable de boire ou de manger quelque chose, je refuse poliment. En tout cas ils étaient très curieux et m’ont posé plein de questions (vous voyagez toute seule ? Vous allez où ? Vous habitez au Japon ? Vous y étudiez ? Vous avez quel âge ? etc.), mais j’avais du mal à ne pas rire à chaque fois qu’ils m’appelaient Margaret.

A 8h50 le bus arrive, et je vais tout de suite voir le chauffeur pour lui expliquer mon problème. Très compréhensif et surtout très gentil, il me dit que ça ne cause aucun problème et il me rajoute dans sa liste des passagers après avoir tamponné mon billet. Merci, au moins je n’aurai perdu qu’une heure par rapport a mon planning. ;_; Le bus était presque vide, on n’était qu’une dizaine de personnes dedans, mais je me retrouve assignée à la place numéro 13 (ce n’est pas bon signe, ça). Je remarque que dans le bus il y a deux autres occidentaux, habillés en pseudo gothiques.  Finalement quelques heures plus tard le bus s’arrête un bref instant dans une station thermale, à Hirase, et la plupart des passagers y descendent. Il fait très froid ici, il y a même un peu de gel sur l’herbe, et je vois qu’un thermomètre dehors indique seulement 2 degrés. Brrr. On repart 15 minutes plus tard, et voir les montagnes recouvertes de nuage et d’un léger brouillard est magnifique, on se croirait dans une estampe. On arrive enfin, peu après, à Takayama.

Première impression : ça ressemble à Kyoto. On dirait même une copie de Kyoto, en plus petit, avec même une rivière qui traverse la ville. Pas étonnant que mon guide indique que cette ville est également appelée Little Kyoto. Deuxième impression : …où sont les touristes ? (et la majorité des gens ?). Franchement, c’est relativement vide ici, et certaines rues sont même complètement désertes.

Bref, à peine arrivée je me jette à l’office du tourisme pour récupérer des plans de la ville, puis je me décide à acheter les tickets de bus pour me rendre le lendemain à Shirakawa-go (qui est quand même le but de mon voyage, plus que Takayama). Ça coute 2500 yens aller-retour, et là aussi il n’y a que 6 bus par jour. Je choisis de prendre celui qui part le plus tôt, à 8h45, et cette fois-ci je repère AVANT où se trouve l’endroit où je devrais le prendre.

Le vieux quartier de Takayama est constitué de ruelles et de maison datant de l’ère d’Edo (1600-1868), parfaitement conservées, et de petits magasins de bouffe vraiment très sympa. Inutile de préciser aussi que c’était rempli de boutiques de souvenirs tous les deux mètres. De plus il faisait vraiment beau, et j’étais contente que les feuilles des momiji soient encore rouges, pour la plupart. Ensuite je suis allée en direction du Takayama Jinya, qui servait autrefois de centre gouvernemental local, pendant Edo, et qui a été transformé en musée. Apparemment c’est le seul centre de ce genre de tout le Japon qui soit resté intact. Puis je me suis promenée au hasard dans les rues, et je suis arrivée à un temple dont j’ai oublié le nom et que je n’ai pas reussi à trouver dans mon guide. Là aussi, c’était plutot désert, et il n’y avait pas grand monde.

Plus au nord je suis allée à Teramachi, le quartier où se trouvent des temples et des sanctuaires en pagaille. Je décide de visiter ça mon dernier jour, vu qu’il était 16h30 et que la nuit commençait à tomber. Après une petite pause dans un restaurant du coin, j’ai décidé de chercher le minshuku où je devais loger avant qu’il ne fasse complétement nuit. En tout cas, la spécialité culinaire ici est le boeuf de Hida, qui est censé être le meilleur du Japon (je croyais que c’était le bœuf de Kobe ?), et les soba. Mais il est vrai que j’ai trouve que le bœuf était très bon, alors que je n’aime pas spécialement la viande rouge.

Par la suite j’arrive à trouver le minshuku où je vais loger plutôt rapidement (plus facilement que le Bus Terminal de Shinjuku, en tout cas…). Je ne suis jamais allée dans un ryokan ni dans un minshuku depuis que je suis au Japon, donc je ne savais vraiment pas trop à quoi m’attendre. Ici, le minshuku était tenu par un vieux couple qui parlait engrish, mais qui était très gentil. Ils me montrent donc où se trouve tout ce que je dois savoir (les toilettes, la salle de bain commune…), puis me montrent ma chambre et me donnent les clefs. Évidemment, avec la chance que j’ai, je me retrouve dans la chambre numéro 13 (déjà que dans le bus j’étais à la place numéro 13… j’suis maudite, c’est sûr). En tout cas la chambre était petite et très simple.

Et j’étais tellement crevée que je me suis d’ailleurs couchée et endormie dès 20h (et peut-être aussi parce que je ne voulais pas rater le bus du lendemain !). Voilà, ceci ne constitue que ma première journée touristique dans la préfecture de Gifu, et il y en a encore deux. Demain, je parlerai donc de ma visite de Shirakawa-go, et aussi comment je me suis fait harceler par des petites vieilles.

16 commentaires

  1. Impressionnant, ce pavé… Margaret ^_^ Tu as écrit tout cela de tete?

    Vivement la suite… Sinon, juste une petite suggestion: ce serait sympa de traduire les textes en japonais


  2. J’ai meme pas trouve que c’etait un long pave, c’est grave Margaret?😄
    c’est une idee ou tu attires les petits vieux?
    … hm, meme suggestion qu’au dessus (surtout maintenant que j’apprends officiellement le japonais :p)


  3. Ca a l’air d’etre bien sympathique dans ce trou paume du japon😀 *prends note ds son callepin pour les futures visites…* et au passage,je tu as oublie le html sur une photo😉


  4. O.O et pourquoi elle est apparue maintenant ?! bah, j’ai du rever alors….^-^


  5. Tout simplement magnifique ces photos!


  6. Hum, c’etait interessant ^^ dommage qu’on puisse pas voir les photos dans une taille superieure �_�
    En tout cas ca donne envie, avec ces couleurs =)


  7. Eh eh Marie, tu me fais rire, tu sais ? ^o^
    Tu devrais savoir que les japonais respectent a 300% la regle.
    Des que tu sors de la regle, c’est pas la peine et le fait que tu soies gaijin, ne t’aides pas.
    En tout cas, le chauffeur du bus a bien ete sympa. Moi meme j’ai ete surpris en te lisant.
    La chambre 13 ? ben a mon avis, des gaijins ou tu es allee, y en a pas des masses donc « ca fait peur », t’as surement une « maladie » donc on te met dans une chambre un peu speciale tu vois ^o^

    Pour les non-japonisants : 乗れない= « Vous ne pouvez pas monter (dans le bus) »
    ちょっと待って下さい= »Veuillez attendre un instant s’il vous plait ».

    PS. Marie, en fait, tu ressembles a quoi ? on t’a jamais vu sur ton blog ? t’es quel genre de gaijin ? ^^


  8. Vincent->mauvaise langue va !!!! une fois on a vu son poignet je crois sur le cadre d’une photo au comiket si je me rappelle bien….


  9. Shiggy >> ah, faudrait que je pense a mettre la traduction ^^; (je suis une flemmarde). Et non je n’ai pas tout ecrit de tete, chaque soir dans le minshuku j’avais ecrit dans un petit carnet les evenements de la journee ^^

    Kao-chan >> ca veut dire « norenai » (ce qui se traduit par « vous ne pouvez pas monter »)

    Sabrina >> merci😀

    Celes >> c’est imageshack qui deconne un peu ;p

    Vincent >> oui mais j’aime pas respecter les regles😄 En fait ce qui m’a le plus enervee c’est le fait que le type du guichet n’ai pas voulu me vendre le ticket du bus suivant (c’est pas illegal, ca, pourtant? >_>). Je suis quel genre de gaijin? Heu… je sais pas trop mais je sais que je passe plus inapercue ici que d’autres gaijin, grace a ma petite taille ^.^ Eh non c’est vrai j’ai jamais mis de photos de moi ici, et c’est pas pret d’arriver xD


  10. Salut. Non, j’ai pas trouve ton post trop long ^^ au contraire c’etait tres interessant. vivement les autres ^^. ca devait vraiment etre simpa comme voyage avec un mechant changement de contraste avec tokyo.
    bb


  11. genial ce petit voyage.
    sinon j ai goute tes fameux kit kat, comme quoi on devient vit addict au blog.


  12. Ne t’inquiete pas si tes notes sont longues. Comme elles sont interessantes c’est meme mieux! J’ai hate de lire la suite de tes (mes)aventures!


  13. Sheitane >> tres souvent, la difference entre un minshuku et un ryokan est mince. Mais normalement, un minshuku c’est plus une chambre d’hote chez un habitant. Sinon pour le Comiket, moi j’y vais!😀


  14. eh ben tu n’a pas de chance et les numero 13 que tu a eu ca fait comme m�me peur mais bon ne prete pas trop attention
    classe le ryokan c’est cool ta de la chance il n’y avait personne au moins tu profite du bain le pire tu avait un onsen et les futon donne trop envie de dormir dessus il a l’air d’etre bien moilleu


  15. Super post ! J’attends la suite🙂


  16. bonjour ,allant aussi à Takayawa cet été je cherche un minshuku bon marché pour y être hebergeé avec mon mari et mon fils qui étudie le japonais comme vous . Pouvez vous me communiquer l’adresse de celui ou vous étiez merci



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